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Isaac de l'Ostal de Saint-Martin

Isaac de l'Ostal de Saint-Martin, également connu sous le nom de Lostal, est né vers 1629 à Oloron-Sainte-Marie, en Béarn, et est décédé le 14 avril 1696 à Jakarta. Issu d'une famille béarnaise protestante, il était un chevalier français, botaniste et homme politique. Son père, Pierre de Lostal, était un marchand d'Oloron, seigneur de Cardesse, de Saint-Dos et de Buziet, et conseiller d'État du roi, ainsi que procureur général et vice-chancelier de Navarre.

Isaac de l'Ostal a grandi dans une famille de marchands protestants qui valorisait l'éducation. Plusieurs de ses cousins ont été envoyés à Irun pour apprendre l'espagnol, le basque et l'arithmétique. En 1653, il quitte le Sud-Ouest de la France pour étudier à Leyde aux Pays-Bas, puis il suit un entraînement militaire dans l'armée des Provinces-Unies des Pays-Bas. En 1657, il s'embarque pour Batavia avec Hendrik van Rheede et Johan Bax van Herentals, futur gouverneur de la colonie du Cap. Il s’installe à Ceylan ou il combat avec succès les Portugais puis les sultans sur l’ile de Java. Il reste à Ceylan et sur la côte de Malabar jusqu'en 1672, servant sous les ordres de l'amiral Rijcklof van Goens lors des campagnes contre les Portugais sur les côtes ouest de l'Inde.

En raison de la guerre de Hollande, qui oppose le royaume de France à la Grande alliance de La Haye, Isaac de l'Ostal est affecté à Batavia. Il participe aux combats en Indonésie, notamment dans l'ancien royaume de Mataram, à Ternate et à Banten, où il se distingue comme un soldat de valeur. Ses aventures sont même reprises par le dramaturge Onno Zwier van Haren. En 1683, il s'installe à Utrecht aux côtés du naturaliste Hendrik van Rheede.

Passionné de botanique, Isaac de l'Ostal est également un ami de Joan Huydecoper, bourgmestre d'Amsterdam et l'un des dirigeants de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. En 1684, il repart vers Batavia et, lors de son escale au cap de Bonne-Espérance, il explore le nord du pays à la recherche de plantes médicinales ou à valeur économique avec Simon van der Stel. Une vallée au nord de Piketberg porte son nom en son honneur.

Peu après son arrivée à Batavia, il devient membre du Conseil de l'Inde, il est nommé gouverneur de Batavia (actuelle Jakarta).

 Il possède trois microscopes, une rareté pour l'époque, et assiste le naturaliste allemand aveugle Georg Everhard Rumphius sur l’île d’Ambon dans la rédaction et la publication de ses ouvrages. Il charge également Engelbert Kaempfer de recherches sur la composition du papier de riz japonais, contribuant ainsi à l'introduction en Europe du premier plant de soja et de l'acupuncture.

À sa mort en 1696, son frère Gratian, avocat et lieutenant de maire à Oloron, hérite de ses biens. L’héritage comprend près de 1 200 ouvrages en diverses langues telles que l’hébreu, l’arabe, le persan, le portugais et le malais, faisant de lui l’un des tout premiers collectionneurs d’ouvrages en malais. Sa propriété de Kemayoran, comportant un pavillon japonais, est acquise par Joan van Hoorn.

Le portrait du chevalier Isaac de Lostal de Saint-Martin est conservé au Rijksmuseum d'Amsterdam. Ce soldat Oloronais érudit, féru de botanique, a fait fortune et est mort à Ceylan en 1696. Malgré une carrière militaire sous l'étendard hollandais qui l'a fait sombrer dans l'oubli en France, son parcours rocambolesque mérite d'être connu. Jusqu'aux années 1950, on trouve trace d'un «magnifique coffre de voyage en cuir rouge», possédé par une lointaine descendante oloronaise, Marie de Lassalette.

La maison du patrimoine, située rue Dalmais à Oloron, est associée à la famille de Lostal et pourrait avoir servi à conserver l'héritage d'Isaac. Cette bâtisse, connue sous le nom de maison Marque, fait partie des demeures remarquables de la ville, avec de nombreuses boiseries datant de sa construction au milieu du XVIIe siècle.

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