Association pour la Mémoire de l'Emigration
Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
  • Association pour la Mémoire de l'Emigration
  • Association pour la Mémoire de l'Emigration
  • Accueil ▴▾
  • Qui sommes-nous ? ▴▾
    • Présentation
    • Nos missions
    • Administration
  • Nos activités ▴▾
    • La vie de l'AME
    • Evènements publics
    • Recherches individuelles
    • Rejoignez-nous
  • La revue PARTIR ▴▾
    • La revue PARTIR
    • Sommaires
    • Contact Partir
  • Base de données ▴▾
    • Base de données
    • Chiffres & Statistiques
  • Histoires et Portraits ▴▾
    • Histoires Individuelles
    • Portraits
  • Documentation ▴▾
    • Bibliothèque
    • Sites à consulter
    • Aides à la recherche
  • Média ▴▾
    • Vidéos
    • Presse
  • Rejoignez-nous ▴▾
  • Contactez-nous ▴▾
  • Se connecter
  • Présentation
  • Nos missions
  • Administration
  • La vie de l'AME
  • Evènements publics
  • Recherches individuelles
  • Rejoignez-nous
  • La revue PARTIR
  • Sommaires
  • Contact Partir
  • Base de données
  • Chiffres & Statistiques
  • Histoires Individuelles
  • Portraits
  • Bibliothèque
  • Sites à consulter
  • Aides à la recherche
  • Vidéos
  • Presse

PIERRE-CLÉMENT DE LAUSSAT

Dernier préfet colonial français de la Louisiane

23 novembre 1756, Pau — 10 avril 1835, Bernadets

Des Pyrénées à la Révolution

Pierre-Clément de Laussat naît le 23 novembre 1756 à Pau, fils de Jean Gratian de Laussat et de Josèphe d'Augerot. Il embrasse d'abord une carrière de haut fonctionnaire des finances royales : dès 1784, il est receveur général des finances des pays d'états de l'intendance de Pau et Bayonne. La Révolution bouleverse cette trajectoire tranquille : emprisonné pendant la Terreur, il est bientôt libéré et devient payeur-général à l'armée des Pyrénées. Sa carrière politique s'amorce alors : élu le 17 avril 1797 « député » des Basses-Pyrénées au Conseil des Anciens, il se montre favorable au coup d'État du 18 brumaire et entre au Tribunat dès sa création, le 25 décembre 1799. C'est ce ralliement au nouveau régime consulaire qui lui vaut, le 20 août 1802, sa nomination comme préfet colonial en Louisiane — le début d'une carrière tout entière tournée vers l'administration des colonies.

La Louisiane : une mission avortée (1803-1804)

Laussat embarque avec toute sa famille depuis la rade des Basques début janvier 1803, sur un petit brick de guerre où l'on s'entasse « comme des harengs ». La traversée manque de virer au drame dès l'escale de Santander, où son canot manque de sombrer dans une mer démontée. Après un détour par Cuba, il débarque à La Nouvelle-Orléans le 23 (ou 26 selon son propre récit) mars 1803, chargé par Napoléon de reprendre possession de la colonie au nom de la France.

Il ignore alors tout du projet de vente aux Américains que Bonaparte mûrit déjà. Pendant les mois d'attente qui précèdent la rétrocession officielle, il sillonne les rives du Mississippi, reçu par les grandes familles créoles, et dresse dans ses Mémoires un tableau vivant de la société louisianaise : plantations sucrières et cotonnières, esclavage, relations avec les nations indiennes, rivalités entre notables français, espagnols et américains.

Le 30 novembre 1803, il préside la cérémonie par laquelle l'Espagne restitue la Louisiane à la France : remise solennelle des clefs des forts, descente du pavillon espagnol, lever du drapeau français sous vingt et un coups de canon. Vingt jours plus tard à peine, le 20 décembre 1803, il rejoue la même cérémonie en sens inverse, cette fois pour céder la colonie aux commissaires américains Claiborne et Wilkinson — remettant les clefs de la ville nouées de rubans tricolores, tandis que le drapeau français descend et que la bannière étoilée s'élève à la même hauteur. Un bal officiel donné peu après, en janvier 1804, dégénère en bagarre entre citoyens français et américains, épisode que Laussat raconte avec un sens aigu du détail. Sa mission achevée, il quitte la Louisiane en avril 1804 pour la Martinique, où il succède à Charles-Henri Bertin comme préfet colonial.

La Martinique : l'isolement d'un préfet réformateur (1804-1809)

À la Martinique, Laussat se heurte à l'hostilité des élites blanches créoles, qui le jugent « révolutionnaire », et entre en conflit ouvert avec le capitaine-général Villaret-Joyeuse. Paradoxalement favorable au système esclavagiste, il n'en veut pas moins faire appliquer scrupuleusement les lois coloniales, ce qui l'isole à la fois des planteurs et du clergé. Un différend emblématique l'oppose aux curés de l'île : son arrêté du 8 novembre 1805, qui leur impose la tenue des registres d'état civil conformément au nouveau Code civil, suscite une vive contestation, la Martinique ne disposant d'aucun officier d'état civil laïc pour endosser ce rôle. Lors de ses tournées de l'île, Laussat rédige aussi un mémoire sur les affaires d'empoisonnement, la violence de certains maîtres envers leurs esclaves et l'existence d'un parti anglophile parmi les colons.

Cette période s'achève brutalement en 1809 : lorsque les Britanniques s'emparent de la Martinique, Laussat tombe entre leurs mains et passe plusieurs mois prisonnier en Angleterre, avant d'être libéré à la fin de la même année.

Les préfectures du Nord et la tourmente impériale (1810-1815)

De retour en grâce, Laussat enchaîne les postes administratifs aux confins de l'Empire : préfet maritime d'Anvers en février 1810, puis préfet de Jemmapes à Mons de mars 1812 au 4 février 1814. Il traverse ainsi, aux avant-postes, l'invasion de la Belgique par les puissances alliées et l'effondrement de l'Empire napoléonien. Pendant les Cent-Jours, en mars-avril 1815, il est brièvement nommé préfet du Pas-de-Calais, ultime sursaut d'une carrière étroitement liée aux fortunes de Napoléon.

La Guyane : dernier gouvernement (1819-1823)

La Restauration le laisse d'abord sans emploi. Mais le régime finit par faire appel à ses compétences d'administrateur colonial aguerri : du 25 janvier 1819 au 12 mars 1823, Laussat gouverne la Guyane française, succédant au lieutenant-général Carra-Saint-Cyr. Il y déploie une administration méthodique — finances, justice, agriculture, écoles, clergé, sûreté publique — et laisse un bilan statistique détaillé de la production coloniale (girofle, cannelle, poivre, coton), ainsi que des projets d'infrastructures (briqueteries, haras, chantiers navals). En décembre 1822, en reconnaissance de ses services, il est fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

La retraite et les Mémoires

Sa mission guyanaise achevée, Laussat se retire dans son château de Bernadets, près de Pau, où il passe les douze dernières années de sa vie. C'est là qu'il rédige, à l'intention de son fils, ses Mémoires sur ma vie — vaste récit couvrant l'ensemble de sa carrière publique, de la Louisiane à la Guyane en passant par la Martinique et les préfectures du Nord. L'ouvrage, imprimé à Pau chez Vignancour en 1831 à seulement une centaine d'exemplaires, restera d'une confidentialité presque totale : les bibliographes du XIXe siècle l'ignorent presque tous, et l'édition critique de 2001 n'en a retrouvé que sept exemplaires dans le monde. Il constitue pourtant l'un des témoignages français les plus vivants sur la vente de la Louisiane et l'administration des colonies sous le Consulat, l'Empire et la Restauration.

Pierre-Clément de Laussat meurt à Bernadets le 10 avril 1835, à soixante-dix-huit ans, dernier témoin direct, côté français, de la cession de la Louisiane aux États-Unis.

Contact
  • Nous contacter
Statuts
  • Statuts AME
CGUV
  • CGUV A.M.E.
icoFacebook24Color
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer vos cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations Culturelles