L'Épopée de Dambourgès « le balafré »
François Dambourgès naquit en 1742 à Salies, une petite ville du Béarn, aujourd'hui dans les Basses-Pyrénées. Fils de Jean-Baptiste Dambourgès et d'Anne de Lambeye, il fut élevé à Bayonne, où il développa un caractère gai, vif et laborieux. Dès son jeune âge, il montra une répugnance pour les emplois ordinaires, préférant une vie d'aventure et de courage. Inspiré par les récits des pêcheurs basques, il décida de traverser l'océan pour chercher fortune en Nouvelle-France.
En 1763, Dambourgès arriva au Canada avec des lettres de recommandation de l'évêque de Bayonne et d'autres notables. Il s'installa à Saint-Thomas (aujourd'hui Montmagny), où il établit un comptoir de commerce. Grâce à son énergie et sa persévérance, son commerce prospéra rapidement. En 1767, il retourna en France pour ramener son père et son jeune frère Pierre au Canada, où ils contribuèrent activement à ses affaires.
Lorsque la guerre éclata entre l'Angleterre et les colonies américaines, Dambourgès utilisa son influence pour calmer les troubles dans les campagnes canadiennes. Il s'engagea dans les Royaux-Émigrés, une troupe de loyalistes, et se distingua par son courage et sa valeur. Le 31 décembre 1775, lors de l'attaque américaine sur Québec, Dambourgès joua un rôle crucial. Il escalada une maison occupée par les ennemis et captura une trentaine de Bostonnais, contribuant ainsi à la défaite des Américains. C’est au cours de cette attaque qu’il reçut au visage le coup de baïonnette qui lui occasiona une large cicatrice au visabe et dès lors, c’est le duc de Kent qui l’appelait souvent dans son intimité qui s’est mis à le désigner le “Capitaine Balafré”. Ce duc de Kent l’appelait aussi tantôt l’inventeur de la baïonnette parce qu’il était des environs de Bayonne, tantôt le compagnon de Henri IV qui était aussi Béarnais... Aux jours de parade il avait toujours un mot gracieux à l’adresse du capitaine Dambourgès et il était bienvenu au Château Saint-Louis et à la table du duc.
Après la guerre, Dambourgès fut élevé au rang de lieutenant colonnel dans le 84e régiment. Il épousa Joséphine Boucher en 1786 et continua à servir son pays avec dévouement. En 1792, il fut élu député du comté de Devon, où il défendit les intérêts du peuple avec franchise et intégrité. En 1796, il aida à former le régiment des Volontaires Canadiens, où il servit comme capitaine des Grenadiers.
En 1798, Dambourgès tomba malade à Montréal et mourut le 13 décembre, laissant sa famille dans la pauvreté. Sa veuve, Joséphine, mourut en 1822 dans un état de détresse complète. Malgré ses services rendus, Dambourgès ne reçut pas les récompenses qu'il méritait, et sa famille fut largement oubliée par le gouvernement.
Le colonel François Dambourgès reste un exemple de dévouement et de courage. Sa vie, marquée par des actes de bravoure et de générosité, est un témoignage de l'importance de servir son pays avec intégrité et sans rechercher la gloire personnelle. Son nom continue d'inspirer le respect et l'admiration de ceux qui connaissent son histoire et une rue porte son nom dans le vieux Quebec.