Association pour la Mémoire de l'Emigration
Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
  • Association pour la Mémoire de l'Emigration
  • Association pour la Mémoire de l'Emigration
  • Accueil ▴▾
  • Qui sommes-nous ? ▴▾
    • Présentation
    • Nos missions
    • Administration
  • Nos activités ▴▾
    • La vie de l'AME
    • Evènements publics
    • Recherches individuelles
    • Rejoignez-nous
  • La revue PARTIR ▴▾
    • La revue PARTIR
    • Sommaires
    • Contact Partir
  • Base de données ▴▾
    • Base de données
    • Chiffres & Statistiques
  • Histoires et Portraits ▴▾
    • Histoires Individuelles
    • Portraits
  • Documentation ▴▾
    • Bibliothèque
    • Sites à consulter
    • Aides à la recherche
  • Média ▴▾
    • Vidéos
    • Presse
  • Rejoignez-nous ▴▾
  • Contactez-nous ▴▾
  • Se connecter
  • Présentation
  • Nos missions
  • Administration
  • La vie de l'AME
  • Evènements publics
  • Recherches individuelles
  • Rejoignez-nous
  • La revue PARTIR
  • Sommaires
  • Contact Partir
  • Base de données
  • Chiffres & Statistiques
  • Histoires Individuelles
  • Portraits
  • Bibliothèque
  • Sites à consulter
  • Aides à la recherche
  • Vidéos
  • Presse

Michel Abbadie & Jeanne Place

Du Béarn à New York, l'histoire d'un couple d'émigrants (1894-1978)

Deux enfances au pied des Pyrénées

Michel Abbadie naît le 29 novembre 1894 à Arbouet-Sussaute, un petit village du Pays basque, dans les Pyrénées-Atlantiques. Son père Jean est charpentier, sa mère Marie Aguerrebehetty garde-barrière : deux métiers modestes, tournés vers le travail manuel et, déjà, vers le chemin de fer, puisque garder une barrière de passage à niveau, c'est veiller sur les trains qui traversent la campagne.

Onze ans plus tard, le 9 juillet 1905, naît à Laruns, au cœur de la vallée d'Ossau, Jeanne Place. Son père Jean Place est mécanicien, sa mère Jeanne Casassus est ménagère. La famille de Jeanne vient d'Auvergne, mais s'est installée dans cette station thermale des Pyrénées, alors desservie par la petite gare de Laruns, où passaient les trains de la Compagnie des chemins de fer du Midi.

La rencontre des deux chauffeurs (vers 1920–1923)

Vers 1920, Michel devient chauffeur de locomotive à la Compagnie du Midi, celle-là même qui desservait tout le sud-ouest de la France, entre la Garonne et les Pyrénées. Le métier de chauffeur, à l'époque des locomotives à vapeur, est rude : il faut alimenter le foyer en charbon, surveiller la pression de la chaudière, ajuster sans cesse le tirage et l'alimentation en eau, souvent de nuit, dans la chaleur, le bruit et la suie. C'est un travail d'équipe, aux côtés du mécanicien, et une véritable communauté de cheminots, soudée par la dureté des conditions.

C'est à Laruns que Michel fait la connaissance de Jeanne, la fille de Jean Place — lui aussi chauffeur à la Compagnie du Midi. Deux familles de cheminots, deux jeunes gens qui partagent le même univers professionnel : le mariage suit naturellement. Le 20 août 1923, à Laruns, Michel (28 ans) épouse Jeanne (18 ans), en présence des témoins Léon Lacape et Louis Andreu. Le couple s'installe ensuite dans le village natal de Michel, à Arbouet.

La traversée de l'Atlantique (1926)

Trois ans après leur mariage, Michel et Jeanne prennent une décision qui va bouleverser leur vie : partir pour l'Amérique. Le 13 mars 1926, ils embarquent à Bordeaux à bord du paquebot Roussillon. Après la traversée, ils arrivent à Ellis Island, dans le port de New York, le 27 mars 1926.

Sur les registres d'immigration, le couple déclare se rendre chez un cousin de Michel, Bernard Arrieu, déjà installé à New York. Michel se présente comme électricien, Jeanne comme femme de ménage — les débuts, modestes, d'une nouvelle vie loin du Béarn.

Les débuts américains : chauffeur, encore (1926–1936)

Le mot « chauffeur » va suivre Michel de l'autre côté de l'Atlantique, mais avec un sens différent : ce n'est plus la locomotive à vapeur, mais l'automobile, qu'il conduit désormais pour le compte de familles aisées. Le recensement de 1930 le montre installé à Bernardsville, dans le comté de Somerset (New Jersey), une commune résidentielle prisée par la bonne société new-yorkaise, où il exerce la profession de chauffeur, tandis que Jeanne est femme de ménage.

Tous deux sont employés chez Forrest Fairchild Dryden le président de la Prudential Insurance Company of America. Forrest Dryden a été membre de la Garde nationale du New Jersey, section Essex. Il y occupait le poste d'intendant en chef auprès d'un général de division. Il détenait le grade de lieutenant-colonel. Il était membre de l'Association de tir du New Jersey et de la Chambre de commerce de Newark. Il siégeait également au conseil d'administration de plusieurs organisations, dont la Public Service Corporation of New Jersey, l'Union National Bank de Newark, la South Jersey Gas, Electric and Traction Company et la United States Casualty Company de New York

Le couple fait plusieurs allers-retours entre la France et les États-Unis dans les années qui suivent, preuve qu'ils gardent un pied dans chaque monde. Le 3 octobre 1931, ils reviennent d'un séjour en France et débarquent à New York, avec pour adresse le 876 Nyk Avenue à Brooklyn ; Michel est toujours chauffeur, Jeanne femme de ménage. Le 22 octobre 1936, nouveau retour, cette fois depuis Astoria dans le Queens (3608, 29th Street) ; Michel se déclare alors mécanicien.

Au service des grandes fortunes de New York (1936–1947)

À partir de la fin des années 1930, Michel change de registre : il devient maître d'hôtel, une fonction bien plus prestigieuse dans la hiérarchie domestique, réservée au personnel de confiance des grandes maisons. Le recensement de 1940 le trouve au service de Charles S. Guggenheimer et de son épouse Minnie, sur Park Avenue à New York — excusez du peu. Charles Guggenheimer était un avocat réputé, associé du cabinet familial Guggenheimer & Untermyer fondé par son père en 1882, et membre influent du National Democratic Club. Minnie Guggenheimer, de son côté, était une figure connue de la vie culturelle new-yorkaise : de 1918 à 1964, elle organisa les célèbres concerts d'été du Lewisohn Stadium, rendant la musique accessible à Harlem pour moins d'un dollar l'entrée. Fait notable : au moment de ce recensement, Michel vit seul au domicile de ses employeurs — c'est l'usage pour le personnel logé sur place — tandis que Jeanne réside ailleurs

En 1941, sa déclaration d'intention de naturalisation le montre au service d'un autre grand nom du New York de l'époque : Bernard Gimbel, propriétaire de la célèbre chaîne de grands magasins Gimbel's, dont la résidence se trouvait à Port Chester, dans l'État de New York

En 1942, sa fiche de conscription (les États-Unis sont alors en guerre) le situe au 236 East 60th Street à New York, avec pour personne à prévenir son cousin Bernard Arrieu — Jeanne n'y est pas mentionnée. Il travaille alors comme maître d'hôtel chez Richard Murphy, au 485 East Shore Road, à Great Neck, sur Long Island, l'une des adresses les plus huppées de la région. Ce Richard Murphy n'est pas n'importe qui : homme d'affaires, il est le fils du sénateur Edward Murphy, ancien maire de Troy (New York) et sénateur des États-Unis de 1893 à 1899, et le beau-frère du maire de New York par le mariage de sa sœur Julia avec Hugh J. Grant

Ainsi, en une quinzaine d'années, Michel est passé du foyer d'une locomotive de la Compagnie du Midi aux antichambres des grandes fortunes new-yorkaises — un parcours qui dit beaucoup de l'ambition et de l'adaptabilité de cet émigrant béarnais.

Un épisode incertain : un divorce en 1944 ?

Un document d'archives, l'index des divorces de l'État de Floride, mentionne un « Michel Abbadie » et une « Jeanne » divorcés à Palm Beach en 1944. S'agit-il bien de notre couple ? La coïncidence des deux prénoms est troublante, mais rien d'autre ne vient confirmer ce séjour en Floride ni expliquer cet épisode : aucune autre trace ne situe le couple à Palm Beach à cette période, et l'on retrouve Michel et Jeanne bel et bien réunis dès la fin des années 1940. Il est toutefois certain que Palm Beach offrait à cette époque des facilités aux couples américains pour divorcer, notamment des délais beaucoup plus courts que dans les autres états.

La famille se reconstitue à New York (1947–1950)

Le 19 mai 1947, Jeanne obtient sa naturalisation américaine. Elle réside alors au 1418 Third Avenue, à New York — l'adresse qui va devenir, pour plusieurs années, le port d'attache du couple.

Deux mois plus tard, le 22 juillet 1947, c'est au tour de la mère de Jeanne, Clotilde Place, alors âgée de 67 ans et désormais veuve, de traverser l'Atlantique pour rejoindre sa fille à cette même adresse de la 3e Avenue. L'année suivante, en 1948, c'est le frère de Jeanne, Louis Place, qui arrive à son tour, accompagné de sa femme Henriette et de son fils Charles, pour s'installer tout près de sa sœur.

Le recensement de 1950 saisit ce moment de retrouvailles familiales : Michel, Jeanne et la mère de Jeanne, Clotilde, vivent ensemble sur la 3e Avenue, avec pour voisins immédiats Louis Place, sa sœur Henriette et le petit Charles, alors âgé de 12 ans. Michel, à 55 ans, est toujours  majordome (« butler ») — et travaille de longues semaines de 56 heures pour un revenu annuel de 2 090 dollars. C'est le portrait d'une famille française recomposée au cœur de Manhattan, vingt-quatre ans après le grand départ de Bordeaux.

Les années de va-et-vient (1950–1958)

Dans les années 1950, Michel et Jeanne multiplient les traversées entre la France et les États-Unis, à bord des grands paquebots de l'époque — le De Grasse, le Liberté, l'Île-de-France — signe d'une vie désormais partagée entre les deux rives de l'Atlantique. En mai 1950, ils repartent de New York pour Le Havre, toujours domiciliés au 1418 3e Avenue. Le 1ᵉʳ novembre 1951, ils reviennent avec une nouvelle adresse : le 1060 5e Avenue, à New York. On les retrouve encore en juillet 1954, puis en juin 1955, voyageant chaque fois entre les deux pays

En 1958, un dernier voyage documenté les montre à bord d'un paquebot, aux côtés de plusieurs passagers mentionnés comme voyageant pour l'OTAN (« NATO Mission Order ») — un indice, sans plus de détails, du monde international dans lequel Michel et Jeanne évoluent alors, au terme de plus de trente ans passés à naviguer entre le Béarn et l'Amérique.

Les nombreuses étiquettes restées

collées sur leur malle de voyages

restent les témoins de ces

nombreuses traversées.

Le retour au pays et la fin de vie

Après des décennies passées à cheval entre la France et les États-Unis, le couple finit par rentrer définitivement au pays natal. Ils achètent une maison à Gan, c’est là qu’ils ont décidé de passer leur retraite.

Jeanne Place s'éteint en novembre 1977. Michel Abbadie lui survit quelques mois : il meurt le 2 juin 1978 à Saint-Palais, dans les Pyrénées-Atlantiques, à l'âge de 83 ans — non loin du village d'Arbouet où tout avait commencé, quatre-vingt-quatre ans plus tôt, dans la famille d'un charpentier et d'une garde-barrière.

Contact
  • Nous contacter
Statuts
  • Statuts AME
CGUV
  • CGUV A.M.E.
icoFacebook24Color
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer vos cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations Culturelles