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Histoires Individuelles Portraits

Émigration pyrénéenne - Histoires individuelles

Marie Touya, l'insoumise

Marie Touya quitte seule son village béarnais de Méracq à seize ans pour traverser l'Atlantique et s'installer à San Francisco, où elle devient une figure clé du premier syndicat des blanchisseurs français. Après des années de lutte ouvrière et une vie bien remplie dans la Vallée de la Lune, son mari la fait interner abusivement à quarante-deux ans pour épouser une femme plus jeune — et elle disparaît pendant un demi-siècle dans un hôpital psychiatrique surpeuplé. Elle meurt à quatre-vingt-dix-neuf ans dans une tombe sans nom, avant d'être retrouvée, un siècle plus tard, par les descendants de sa famille restée en France. (Lire plus ...)

Marie Turonnet, l'itinéraire d'une domestique béarnaise

Marie Turonnet, née à Lasseube, a passé près d'un demi-siècle au service de deux familles, entre le Honduras, la Louisiane et Long Island. Partie en 1909 pour l'Amérique centrale au service des Dutu, industriels landais installés dans la banane, elle traverse le grand incendie de La Ceiba en 1914 avant de rejoindre la Louisiane en 1915, où elle entre au service des Rathborne, grande famille de La Nouvelle-Orléans. Elle les suit ensuite dans leur résidence de Westbury, sur Long Island, partageant leur vie jusqu'à la mort accidentelle de Nancy Rathborne en 1953, qui marque son retour définitif en France. Elle s'éteint à Lasseube en 1959, dans la maison familiale des « Côtes blanches ».  (Lire plus ...)

Pierre Casaux : un 'castrador' dans les Montes de Toledo

Parti d'Ogeu à dix-neuf ans, Pierre Casaux rejoint son oncle en Castille avant de s'enfoncer seul à cheval vers le sud pour y exercer son métier de castrador. Pendant plus de quarante ans, il sillonne trois comarcas sauvages autour de Talavera de la Reina — neige de février, canicule de juillet, chemins défoncés des Montes de Toledo — construisant patiemment une réputation qui lui vaut la confiance de centaines d'éleveurs. Bandits croisés au détour d'un sentier, attaque de loups sous la tempête : Pierre en sort toujours indemne, par sang-froid et présence d'esprit. C'est l'histoire sobre et robuste d'un Béarnais qui a fait de l'Espagne son pays, et du mouvement sa manière d'être au monde. (Lire plus ...)

Annie Lounibos : une Béarnaise dans la Sonoma Valley

Arrivée en Californie à l'âge d'un an, Annie Lounibos grandit dans la Sonoma Valley au rythme des vignes et des distilleries dans une famille béarnaise qui avait tout quitté pour refaire sa vie à l'autre bout du monde. Elle épouse en 1893 Henry Chauvet, fils du plus puissant viticulteur de la région, et traverse ensuite une vie jalonnée de deuils — sa mère, sa sœur, un frère, un fils de quatorze ans tué accidentellement — sans jamais fléchir. Voisine et amie de Jack London, gestionnaire avisée d'un empire familial qu'elle fait tenir longtemps après la mort de son mari, Annie est de ces femmes qui portent tout sans en faire état. Elle meurt en 1960 en laissant derrière elle une formule qui la résume tout entière : "La vie n'est qu'une occasion passagère."   (Lire plus ...)

Michel Abbadie & Jeanne Place — Du chemin de fer des Pyrénées aux grandes demeures de New York

Michel Abbadie, né en 1894 à Arbouet (Pays basque), et Jeanne Place, née en 1905 à Laruns, sont tous deux issus de familles de cheminots de la Compagnie du Midi et se marient en 1923. En 1926, le jeune couple quitte le Béarn pour New York, où Michel travaille d'abord comme chauffeur d'automobile puis, à partir de la fin des années 1930, comme maître d'hôtel au service de grandes fortunes new-yorkaises (Guggenheimer, Gimbel, la famille du sénateur Murphy), tandis que Jeanne est femme de ménage. Pendant plus de trente ans, ils multiplient les allers-retours entre la France et les États-Unis, obtiennent la naturalisation américaine et accueillent une partie de la famille de Jeanne à New York, avant de revenir définitivement s'installer à Gan pour leur retraite. Jeanne meurt en novembre 1977, suivie par Michel en juin 1978 à Saint-Palais, non loin de son village natal. Leur parcours illustre ainsi la trajectoire d'un couple d'émigrants béarnais passé du foyer des locomotives à vapeur aux antichambres du grand monde new-yorkais.  (Lire plus ...)

Paul Turonnet : de la blanchisserie aux vignobles, l’itinéraire d'un émigré béarnais

Paul Turonnet naît en 1879 à Ogeu-les-Bains et émigre en 1903 en Californie, où il épouse Marie Larrieu, arrivée sur le même bateau que lui à New York. Installé à Alameda, il travaille d'abord dans une blanchisserie, tandis que naît leur fils Edmond en 1907. En 1914, n'étant pas encore américain, il est rappelé par l'armée française : la famille rentre en France, puis Paul part au front. Fait prisonnier en 1916 au Bois des Buttes, il est détenu jusqu'à l'armistice au camp de Münster, pendant que Marie et Edmond regagnent l'Amérique dès 1917. De retour en 1919, il est naturalisé en 1927, devient gérant d'un hôtel à Alameda puis employé des prestigieux vignobles Wente, avant de mourir à Livermore en 1960. (Lire plus ...)

Bernardin Orgambide : entre Enfer et Liberté

Bernardin Orgambide, né en 1894 au Pays Basque, est condamné en 1922 à la perpétuité pour le meurtre de son père. Déporté au bagne de Cayenne, il endure des conditions infernales avant de s’évader en 1931, disparaissant à jamais dans la jungle amazonienne. Son destin, marqué par la violence et la quête de liberté, reste un mystère, gravé dans l’histoire des bagnards de Guyane.  (Lire plus ...)

De Laruns à la Neva : le destin de Pierre Coudurat

En 1820, à Eaux-Bonnes, un jeune orphelin de Laruns nommé Pierre Coudurat rend service à un riche boyard russe en cure qui l'emmène avec lui en Russie. Là-bas, Coudurat gravit peu à peu les échelons - domestique, puis employé, puis associé - avant d'épouser la fille de son bienfaiteur et de faire fortune à Saint-Pétersbourg. Vingt ans plus tard, devenu un homme riche mais resté fidèle à ses racines béarnaises, il revient à Laruns pour aider discrètement sa famille et embellir son village natal : il finance une fontaine monumentale sur la place publique et offre un tableau à la chapelle des Eaux-Chaudes. Jusqu'à la fin de sa vie, il continuera à combler l'église de Laruns de dons précieux, une générosité que ses filles perpétueront après lui.   (Lire plus ...)

Charles et Brigitte — la blanchisserie du bout du monde

Partis séparément — lui d'Ogeu à seize ans pour secourir une sœur malade, elle de Castet comme gouvernante d'une famille aisée — Charles Mazeres et Brigitte Breilh se retrouvent à San Francisco et se marient en 1897. Ensemble ils bâtissent la 10th Avenue French Laundry à Oakland, traversent la perte de deux enfants en bas âge, et s'installent dans une vie tranquille et laborieuse au cœur de la communauté française de Californie. À la mort de Charles en 1926, Brigitte reprend l'affaire seule — et en fait l'instrument de sa liberté, travaillant juste ce qu'il faut, pour qui elle veut, à son propre rythme. C'est l'histoire de deux Béarnais discrets qui ont construit quelque chose de solide, loin des Pyrénées, sans jamais faire de bruit.  (Lire plus ...)

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